Texte Rémi Beaujouan
Comme vous le comprendrez, il n’y aura pas de photos illustrant cet article, l’auteur faisant la sieste !
Vous les aurez peut-être déjà remarqués, sur leur fauteuils, appuyés à la barrière. En train de dormir du sommeil du juste, ils semblent indifférents au spectacle aérien qui se déroule devant leur paupières fermées. Vous vous serez certainement posé la question, pourquoi venir ainsi pour ensuite dormir. Il aurait mieux valu rester dans son lit !
A l’origine de la sieste
Mais croyez le ou non, la sieste en meeting aérien relève d’un art ancestral ! Selon les paléoanthropologues et les neurobiologistes, Homo Erectus, en quittant la protection des arbres, nous a privé d’un sommeil réparateur de longue durée. C’était désormais devenu le « singe » ayant la durée de sommeil la plus courte. Mais Dame Nature se rappelle à nous. Et ainsi naquit la sieste il y a presque 2 millions d’années ! C’est aussi là l’importance du groupe qui pouvait alterner les périodes de sieste pour éviter de faire surprendre par un prédateur.
Dans le monde antique
Plus près de nous, Hippocrate, le père de la médecine, recommandait une bonne sieste après le déjeuner. Platon et Aristote ont longuement discuté de la nature du sommeil et des rêves. Pour les Grecs, le sommeil était un moment crucial pour la réflexion et la revitalisation.
Mais aussi en Asie
En Asie, la sieste est au coeur de la vie quotidienne. Au Japon, le phénomène de l’inemuri (dormir en public) est socialement accepté et même respecté comme un signe de dévouement au travail. De même, en Chine, la sieste après le déjeuner (wǔ jiào) est une tradition de longue date, encore pratiquée aujourd’hui.
Du Sud
Plus près de nous, la sieste reste un symbole de la culture espagnole, visant à récupérer et à se ressourcer. D’ailleurs, e mot sieste vient de l’espagnol siesta, et celui-ci du latin [hora] sexta, qui signifie « la sixième [heure du jour] ».
Au Nord
Un peu plus au nord, dans les pays scandinaves, il est courant de voir des bébés faire la sieste à l’extérieur, même par temps froid. Cette pratique repose sur la croyance que l’air frais est bénéfique pour la santé et le sommeil des enfants.
Enfin, des géants de la technologie comme Google et Apple ont installé des « pods de sieste » ou « capsules de sieste » dans leurs bureaux, permettant aux employés de faire une pause revigorante.
La préparation
Vous l’aurez compris, la sieste est un sujet sérieux. Tout bon spotter se doit de connaître la pratique de cet art pour profiter au mieux de tous ses avantages. Tout d’abord, il est bon de rappeler que « le meeting appartient au spotter qui se lève tôt ». Levé aux aurores, avant même que le soleil se lève, la nuit aura été courte. Placé au bord de la piste, au plus des avions, le spotter installera son fauteuil du mieux possible. Pour éviter le mal de dos, les courbatures, il faudra bien le caler, sans devers ou pente.
L’anticipation
Une fois le fauteuil calé, la seconde chose a faire est d’apprendre le programme par cœur. Le spotter choisira ainsi le meilleur moment pour sa sieste. Choisir c’est renoncer. Il faudra donc faire l’impasse sur une présentation. En effet, pas question de faire la sieste au moment de la pause méridienne. De fait, ce moment est réservé à la sociabilisation du spotter. c’est pendant c’est pause méridienne qu’il se nourrira, s’hydratera et nouera ou retrouvera les amitiés crées lors de meetings précédents.
L’heure du choix
Le choix du moment de la sieste portera donc sur avion dont on possède déjà pléthore de photos ou pour lequel on a moins d’intérêt. Une fois ce moment identifié , il faudra retrouver les réflexes d’Homo Erectus ! Autrement dit, s’entourer de bons camarades qui vous réveilleront lors que la présentation est terminée ou si un évènement le nécessite (arrivée d’un avion non prévu au programme). Ce choix est crucial ! Bon nombre de spotters se sont retrouvés privés de photos pour ne pas avoir fait le bon choix. Il faudra aussi s’entraîner à passer de l’état de sommeil à celui de ses pleines capacités en quelques secondes. Et pour cela, il faudra toujours son matériel photo à proximité, prêt à faire feu.
C’est le moment
Une fois le moment identifié et les camarades prévenus, il est alors temps enfin de faire sa sieste. Certains d’entre vous se demandent peut-être comment faire pour s’endormir dans un environnement aussi bruyant ! La première erreur à éviter est justement vouloir s’isoler de ce bruit. Si vous concentrez votre attention sur ces bruits pour les éliminer, ils vous empêcheront de vous endormir. La bonne attitude est au contraire de se créer une bulle virtuelle en intégrant ces sons. On peut ainsi s’endormir avec 2 EF-200 Eurofighter faisant un point fixe à une cinquantaine de mètres.
Puis il faut bien se caler, dans son fauteuil, contre une barrière. cela évitera de bouger au moment où le corps se relâche. Dans un environnement météo capricieux, il faudra prendre la précaution de bien se protéger contre la pluie. Rien de plus désagréable que d’être réveillé par un filet d’eau glacé dans le cou. Pour gagner en sérénité, on protégera le matériel photo. Les plus précautionneux d’entre nous ont un deuxième fauteuil pour y déposer leur sac photo, l’isolant ainsi du sol et de l’humidité. Protégé par un poncho ou un sac poubelle, le matériel photo pourra supporter les intempéries.
Bonne sieste à tous
Isolé dans votre bulle, serein pour votre matériel, bien installé et bien entouré, le moment tant désiré est à portée main ! Alors bonne sieste !
La prochaine fois que vous verrez faire un spotter faire sa sieste, rappelez vous que c’est le fruit d’un héritage ancestral et d’un entrainement de longue durée. Ayez une petite pensée pour lui et souhaitez lui bonne sieste.
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