Spot’Air au cœur du Media Day ORION 2026orion

texte Jérôme Grandières, photos Jérôme Grandières et Arthur Briquet

Le jeudi 19 février 2026, durant l’Exercice Orion 26 (qui se déroule du 8 février au 30 avril ), l’Etat Major des Armées organisait un Media Day à Saint-Nazaire. Cet événement à pour ambition de partager aux invités le contexte, les enjeux, les moyens et les opérations de cet exercice d’envergure.

Le début de journée s’est fait par un accueil sur le PHA Tonnerre. S’en est suivi une retransmission vidéo de la conférence réalisée sur la Base Aérienne 107 de Villacoublay expliquant l’opération ORION 2026, devant des représentants de l’état, des militaires français et étrangers et industriels impliqués. Ensuite on a pu échanger quelques instants avec les militaires des trois armes présents, un vrai partage et moment de proximité.
Le but principal de cette journée était de montrer le professionnalisme de nos armées de façons dynamiques avec des démonstrations illustrant les différentes facettes et étapes d’ORION 2026. Ce Média Day s’est réalisé à deux endroits: l’aérodrome de Saint Nazaire et à bord du PHA Tonnerre.

Rappel du contexte de l’exercice ORION 26

Dans un contexte international tendu, ORION 2026 engage les armées françaises dans un exercice interarmées et multi-domaines de haute intensité. Par son ampleur, il démontre leur capacité à conduire un engagement majeur, à agir en nation-cadre d’une coalition et à mobiliser l’État, les alliés et la population au service de la résilience nationale. C’est aussi une étape clé dans la transformation des armées françaises vers un modèle plus robuste, interconnecté et résilient.
C’est une répétition générale d’un conflit majeur, il s’inscrit dans la continuité d’ORION 2023, la plus vaste manœuvre interarmées conduite en France depuis plusieurs décennies. Le scénario de guerre est fictif mais réaliste: déstabilisation d’un état allié, montée en puissance progressive, engagement interarmées puis opérations de reconquête. Piloté par les forces armées françaises et le CECIA ( centre Expert du Commandement Inter Armées,) ORION vise à entraîner l’ensemble des composantes militaires françaises Terre, Air, Mer, Cyber et Espace, avec ces alliés , à manœuvrer ensemble; ceci dans un contexte dégradé (guerre électronique, frappes dans la profondeur, désinformation, attaques cyber). 24 pays se sont ajoutés à la France pour l’exercice.

L’opération sous le commandement de la France se déroulera en quatre phases, intervention de l’armée de l’air et de la marine pour obtenir la supériorité aérienne, infiltration des forces spéciales pour renseignement et prise de point clés, débarquement amphibie et aéroportés par l’intermédiaire des portes hélicoptères, déploiement de l’armée de terre pour aller en profondeur. Ensuite l’OTAN reprendra le commandement pour la pénétration au sein du territoire ennemis.

Les moyens mis en place pour l’exécution des 4 phases d’ORION 2026

Un exercice interarmées et multinational impliquant 25 pays au total avec plus de 12 500 militaires, 25 navires, 140 aéronefs, 2150 véhicules, 6 systèmes de défense sol-air et 1200 drones, en mobilisant l’ensemble des composantes des forces armées.

Armée de Terre

L’Armée de Terre constitue l’ossature de la manœuvre terrestre avec l’engagement de 3 brigades interarmes complètes, comme la 9ème BIMa pour la partie amphibie et la 11ème BP qui déploiera ses unités parachutistes. ORION 2026 sert aussi de vitrine pour les nouveaux équipements issus de la modernisation des forces françaises : Véhicules du programme Scorpion, tel que Griffon et Jaguar; avec soutien d’artillerie CAESAR ou de char Leclerc et appui des hélicoptère Tigre, NH90 et Gazelle du 1er et 3ème RHC de l’ALAT et avec l’utilisation massive de drones tactiques.

Marine nationale

La Marine nationale joue le rôle de vecteur dans la projection de puissance depuis la mer en déployant un groupe naval ( GAN ). Ce GAN autour du porte-avions Charles de Gaulle comporte des Frégates multi-missions (FREMM), un sous-marins nucléaires d’attaque, deux porte-hélicoptères dont le PHA Tonnerre et des Commandos Marine pour les actions spéciales. La Marine utilise des Rafales M de la BAN de Landivisiau, Grumann E-2C Hawkeye, Breguet Atlantic 2 de la BAN de Lann-Bihoué, hélicoptères Panther, Caiman de différentes flottiles et 2 hélicoptères téléoperés S100 de la 36F.

Armée de l’Air et de l’Espace

Pour les cieux, l’AAE assure la supériorité aérienne, l’appui-feu et la projection stratégique.Ces forces seront déployées depuis 10 bases aériennes. La matériel mis à disposition pour l’exercice est conséquent: Chasseurs Rafale, avions de transport A400M, avions ravitailleurs A330 MRTT, drones MALE Reaper, système Mamba.


Pour la capacité spatiale de surveillance, l’AAE intègre une nouveauté majeure par rapport aux exercices précédents, le commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) et le Commandement de l’Espace. Ainsi l’exercice SparteX 26, qui simule une attaque de satellite, se joue sur la BA101 de Toulouse, sous l’expertise d’Airbus defense and Space notamment . Ce centre informe les opérations terres/air/mer pendant ORION 2026. Leurs missions: défense des réseaux militaires, lutte informatique offensive, surveillance spatiale et protection des satellites militaires.

Une journée immersive à Saint-Nazaire

Pour ce média day, l’état major a préparé des manœuvres sur deux lieux différents pour résumer quelques phases de l’exercice ORION 2026: à bord du Porte-hélicoptères Amphibie PHA Tonnerre et sur l’aérodrome de Saint-Nazaire.

A bord du PHA Tonnerre

Ce bâtiment est impressionnant par ces dimensions et ces capacités : 200m de long, 32 m de large, 22 000 tonnes à pleine charge, capable de transporter jusqu’à 60 véhicules, 16 hélicoptères, 4 embarcations rapides, des barges de débarquements dans sa coques. C’est aussi un important hôpital flottant. Il est un des centres névralgiques de l’opération; durant le début de l’exercice, il devient aussi le centre de commandement des opérations.

Avec la visite de ce bâtiment et les multiples explications données par ces marins, nous avons pu découvrir le rôle important de celui-ci au sein du GAN et les nombreuses activités d’équipage.

Les commandos marines ont simulés l’attaque du navire pour la libération d’un otage.


Il n’y a pas que les combattants qui s’entraînent, les autres secteurs sont aussi sur le pied de guerre.

Sur l’aérodrome de Saint-Nazaire – Montoir-de-Bretagne

Nous avons pu voir un résumé du déroulement des différentes étapes des opérations : supériorité aérienne avec une attaque simulée de la zone par des rafales de la BA118 de Mont de Marsan, puis opérations de projection de forces depuis des hélicoptères NH 90 du 1er et 3eme RHC ou A400M de la BA123 d’Orléans-Bricy, engagements simulés contre des menaces hybrides (par exemple drones ou cyberattaques), démonstrations de manœuvres terrestres, avec véhicules blindés et unités héliportées.
Des tribunes et écrans ont été installés pour rendre l’expérience plus accessible aux personnes présentes et pour ne rien louper des différentes étapes de l’attaque.

Phase 1 : la supériorité aérienne s’impose


Phase 2: Dépose des commandos pour éclaircir le terrain

Phase 3: Arrivée des unités mobile pour et de sécurisation de la zone

Cette journée a permis une plongée exceptionnelle au cœur de l’un des plus grands exercices militaires français depuis des décennies, et de voir nos soldats en action.

Le Média Day s’est terminé par un discours du CEMA chef d’état-major des armées, qui a rappelé l’importance de préparer les forces à faire face à des conflits de haute intensité, de renforcer l’interopérabilité et la coordination des chaînes de commandement cela avec les partenaires européens et membres de l’OTAN. Il a remercié tous les intervenants, que ce soit les militaires, les industriels impliqués et aussi les élus locaux qui ont permis de réaliser ces exercices au sein de leurs territoires.

Ce Média Day est aussi un renforcement du lien entre armées et presse avec la volonté de diffuser, communiquer vers l’extérieur. La grande muette sait se faire entendre.

Remerciements

Je souhaite remercier tous les militaires qui nous ont accueilli et ont permis de passer une bonne journée découverte, malgré ce temps très gris et pluvieux. Ce fut une belle démonstration de nos forces armées, un savoir faire et un savoir être. Un bon moment de partage . Merci aussi à Spot’Air pour mon inscription à ce Média Day, sans quoi je n’aurais pas accéder d’aussi près à cet événement.

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