Texte et photos Arthur Briquet
A l’occasion des commémorations du Débarquement, l’association Airborne Center France a fait revivre l’Histoire à travers un saut commémoratif spectaculaire.
Partis de l’aéroport de Caen-Carpiquet, 27 passionnés en uniforme d’époque M42 renforcer, ont sauté en parachute équipés des légendaires parachutes hémisphériques (ronds) T10 et MC1 à ouverture automatique. Conçus à l’origine pour l’armée américaine, ces modèles figurent parmi les plus utilisés de l’histoire militaire mondiale et restent la référence absolue pour le parachutage de masse en ligne statique. Ils sauteront depuis un mythique Douglas DC-3 pour atterrir sur la Drop Zone (DZ) de Graignes, rendant un hommage vibrant aux héros de 1944.

Cap sur Graignes : une DZ chargée d’Histoire
Après quelques minutes d’un vol bruyant et vibrant, le DC-3 est arrivé en vue de sa cible : Graignes-Mesnil-Angot.
Le choix de cette Drop Zone est tout sauf un hasard pour le Président de Airborne Center France.
Maël, membre de Airborne Center et grand passionné, nous raconte l’histoire de ce lieux :
» Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, des parachutistes du 3ème bataillon du 507th parachute infantry regiment de la 82nd airborne division, mais aussi quelques éléments du 501th PIR de la 101st airborne division sont largués par erreur à hauteur de la ville de Graignes ainsi qu’un planeur waco.
Durant toute la journée et aussi la nuit, des parachutistes égarés rejoignent Graignes ; ce seront au total 182 parachutistes américains, dont 12 officiers, qui s’établiront dans la ville, aidés par les habitants du village et par les 2 curés (Albert Leblastier, Louis de Gonzague), qui vont soigner tous les parachutistes tout au long du combat dans l’église. Les parachutistes vont affronter la 17e SS Panzergrenadier Division venue de la région de Thouars (Deux-Sèvres), pour contrer le débarquement allié.
Pendant 7 jours, les parachutistes vont infliger de lourdes pertes aux Allemands et vont se battre comme des damnés pour leurs frères d’armes et pour les habitants du village qui les ont aidés. Mais le manque de munitions va avoir raison des paras, la retraite vers les marais est ordonnée avec déchirement et, malheureusement, les blessés qui sont en train d’être soignés restent sur place dans l’église.
Le 12 juin, les SS entrent dans le village et commencent à incendier les habitations. Ils exécutent les blessés et les parachutistes capturés ainsi que les habitants et les 2 curés, accusés d’avoir aidé les « terroristes américains ». Graignes deviendra, toutes proportions gardées, un mini-Oradour-sur-Glane normand.
Ne les oublions pas !
Ce saut en hommage a cette histoire a été possible également grâce a l’accord de la Mairie de Graignes-Mesnil-Angot.







« Hook up ! »
Au signal du Jumpmaster (le chef de saut), les parachutistes se sont élancés un à un dans le ciel normand.
En l’espace de quelques secondes, le ciel au-dessus de l’hippodrome et des marais de Graignes s’est habillé de dizaines de coupoles rondes, fidèles aux parachutes militaires d’autrefois.
Sous les yeux levés des habitants et des passionnés venus en nombre pour les commémorations, les membres d’Airborne Center France ont bravé la dérive pour venir toucher le sol de la DZ, là même où leurs aînés étaient tombés 82 ans plus tôt
La transmission par le geste
Au-delà de la performance technique et aéronautique, ce parachutage depuis le DC-3 reste un vecteur d’émotion unique. Pour l’Airborne Center France, chaque saut est une manière de faire sortir l’Histoire des livres pour la rendre vivante, visuelle et mémorable pour les jeunes générations. Un vibrant salut dans le ciel, pour que personne n’oublie le sacrifice des hommes de l’Airborne et le courage des civils de Graignes.










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