Mission Liberté 250 : départ de la Patrouille de France pour les Commémoration du 250e anniversaire de l’indépendance Américaine

Texte et photos – Valentin Gasc et Yoann Barbier

L’armée de l’Air et de l’Espace a lancé ce mercredi 3 juin l’une de ses plus importantes opérations de rayonnement à l’étranger de ces dernières années. À l’occasion du 250ème anniversaire de l’indépendance Américaine, la Patrouille de France répond à une invitation des Etats-Unis pour prendre part aux célébrations.
Présentée sur la base aérienne 701 de Salon-de-Provence avant le départ du dispositif, cette opération mobilise près de 85 militaires et représente l’aboutissement de huit mois de préparation.

Une mission, trois objectifs

Pour le Général Pierre Gaudillière, Commandant la Brigade aérienne de l’aviation de chasse et Commandant de la mission Liberté 250, cette opération a trois objectifs majeurs : commémoration, coopération et projection.

Il s’agit d’abord d’honorer les liens qui unissent nos deux nations depuis 250 ans. Chaque avion de la Patrouille de France arbore fièrement une dérive inédite signée par Régis Rocca, Peintre de l’Air et de l’Espace : le flanc gauche représente une évocation du drapeau américain tandis que le flanc droit représente notre drapeau français. En pied de dérive se trouve le nom d’une personnalité française ou américaine ayant marquée l’histoire conjointe des deux pays. L’avion du leader porte ainsi le nom de Marquis de La Fayette. Ceux des Athos 2 à 8 portent respectivement les noms de George Washington, Benjamin Franklin, Kiffin Rockwell, Eugene Bullard, Eddie Rickenbacker, Joséphine Baker, et Antoine de Saint Exupéry. Quant aux Alpha Jets de remplacement, ceux-ci sont chacun nommés Robin Olds.

Entre projection et devoir de mémoire

La mission se caractérise par une « alchimie parfaite entre commémoration et mission opérationnelle » souligne le Général Gaudillière. L’ensemble du dispositif composé de dix Alphajet équipés de bidons supplémentaires pour l’occasion, d’un A400M Atlas et de quelques 85 aviatrices et aviateurs de toutes spécialités reste avant tout issu d’unités opérationnelles.

« Le fait de voir nos familles qui sont là pour nous souhaiter un bon départ, c’est chargé en émotions. C’est une mission extrêmement rare, la dernière c’était en 2017, donc vraiment on mesure cette chance et on part avec motivation », explique le Commandant Brice, Leader de la Patrouille de France 2026.

Au-delà de l’aspect historique et symbolique, Liberté 250 constitue également un exercice grandeur nature de projection outre-Atlantique. Le convoyage repose principalement sur deux Airbus A400M Atlas et son impressionnante capacité d’emport. Alors que le premier A400M est déjà parti pour la côte Est Américaine en passant par Saint Pierre et Miquelon afin de pré-positionner du matériel et du personnel, le deuxième décollera avec à son bord une cinquantaine de passagers en plus de son équipage et près de vingt tonnes de matériel destiné au soutien des dix Alphajets. Comme l’a rappelé le Général Pierre Gaudillière, la logistique constitue l’épine dorsale des forces de projection.

La Route Nord

Le dispositif empruntera la traditionnelle « route Nord », ponctuée d’escales techniques en Écosse, Islande, au Groenland puis au Canada à Bagotville avant de rejoindre les États-Unis le 7 juin. Ces étapes permettront à la fois le ravitaillement des aéronefs et le repos des équipages. Un Falcon 50 de la Marine Nationale accompagnera le dispositif pendant la traversée.

Une tournée au plus près du public

L’arrivée du dispositif aux États-Unis marquera le début d’un programme particulièrement dense. Parmi les moments forts figurera un passage au-dessus de la Statue de la Liberté à New York, un symbole fort pour cette mission placée sous le signe de l’amitié franco-américaine. Plusieurs survols de sites historiques sont également prévus, notamment l’Independence Hall de Philadelphie, où fût signée la déclaration d’indépendance des Etats-Unis en 1776 ou encore la Baie de Chesapeake où une flottille Française défit en 1781 la Royal Navy.

Comme à son habitude en saison estivale, la Patrouille de France participera à des meetings aériens chaque weekend. Le commandant Brice, leader de la Patrouille de France 2026 estime que plus d’un million de personnes pourront admirer le plus grand drapeau français au monde dessiné par les huit avions de la formation.

Des images pour l’Histoire de la Grande Dame

Parmi les membres du détachement figure le sergent-chef Florian, photographe au sein de la Patrouille de France. Interrogé sur les images qu’il espère rapporter de cette tournée, il évoque naturellement le passage au-dessus de la Statue de la Liberté dès l’arrivée aux Etats-Unis. Outre les paysages américains, ceux survolés lors du convoyage lui permettront de saisir des clichés inédits : entre les étendues sauvages du Groenland, les côtes islandaises et les grands espaces nord-américains, la mission lui offrira un terrain photographique exceptionnel qui viendra compléter la dimension historique et aéronautique de l’événement.

Le clin d’œil de 1986

Au moment du départ, après un émouvant salut aux familles, deux anciens pilotes de la Patrouille de France ayant participé à la tournée américaine de 1986 saluaient à leur tour les équipages. Revêtus de leurs blousons en cuir aux couleurs de cette première traversée de l’Atlantique, ils ont symboliquement accompagné le départ de la mission. Quarante ans après cette première aventure américaine, la Patrouille de France s’apprête ainsi à écrire une nouvelle page de son histoire, portée par un message de mémoire, de coopération et d’amitié entre deux nations dont l’Histoire s’écrit conjointement depuis 250 ans.

Mission 2017

Une précédente mission outre-atlantique avait déjà eu lieu pour commémorer le Centenaire de l’entrée en Guerre des Etats Unis aux côtés de la France pendant la première Guerre Mondiale
Il y a neuf ans, la Patrouille de France avait fait une tournée remarquable pour commémorer l’appui de notre allié Américain pendant la première Guerre Mondiale. L’occasion de découvrir la PAF et l’A400M sur la base de Maxwell en Alabama. Cette base fut choisie pour commémorer son utilisation par les Américains à partir de 1917 afin de soutenir l’effort de Guerre. En parallèle, plusieurs aviateurs furent volontaires dès 1916 afin de rejoindre la non moins célèbre Escadrille Lafayette.

La boucle est bouclée

Nous eurent l’occasion d’assister à l’atterrissage de deux Rafales, venus rejoindre deux autres stationnés sur la base à proximité de la PAF. Ceux-ci viennent de l’école de transformation ¾ « Aquitaine » de Saint Dizier.

L’occasion pour le Général Pierre Gaudillière de rappeler que la BA701 de Salon est l’un des piliers de la formation des pilotes de l’AAE, et que les pilotes de la Patrouille de France viennent tous d’unités de combat, et qu’ainsi, le fait que l’unité de transformation sur Rafale soit en détachement à Salon s’inscrit dans le cycle global des pilotes.

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