Texte et photos Thierry Laporte
Présentation générale
Le Museo de Aeronáutica y Astronáutica (inauguré en mai 1981), plus connu sous le nom de Museo del Aire, est installé sur l’emprise de la base aérienne de Cuatro Vientos, au sud-ouest de Madrid, à la limite avec la commune d’Alcorcón. Cuatro Vientos n’est pas un site choisi au hasard : inauguré en 1911, c’est le plus ancien aérodrome militaire d’Espagne, souvent qualifié de « berceau de l’aviation militaire espagnole ». Installer le musée à cet endroit en 1975 répondait à une logique précise : proximité de Madrid, ateliers de maintenance militaire, possibilité d’acheminer les avions par voie aérienne, et continuité historique avec le site lui-même.
Il y a une vaste zone d’exposition extérieure sept hangars pour environ 150 avions et hélicoptères.
Un gros avantage, du point de vue photographique, est que de nombreux avions sont exposés à l’extérieur et sont en très bon état.






le Hangar 1 Les origines et les « Grands Vols »
C’est le cœur historique de la collection. On y trouve les pièces les plus anciennes : le Vilanova Acedo, version espagnole du Blériot XI et considéré comme l’aéroplane le plus ancien conservé en Espagne ; le Jesús del Gran Poder, l’avion qui permit aux capitaines Jiménez et Iglesias de traverser l’Atlantique Sud en 1929 sur quelque 6 716 km ; ainsi qu’une réplique du Cuatro Vientos, l’appareil qui relia l’Espagne à Cuba en 1933 (l’original s’étant écrasé au Mexique). Le hangar couvre également la guerre du Rif (1913-1927) et abrite une salle des Laureados, dédiée aux figures héroïques de l’aviation militaire espagnole, avec drapeaux et fanions d’unités aériennes.
Le Hangar 2 Motorisation, uniformes et astronautique
Centré sur la mécanique et le matériel : une importante collection de moteurs retraçant l’évolution technique des groupes propulseurs, des simulateurs de vol utilisés pour l’entraînement, de l’armement, des uniformes et tenues de vol militaires, ainsi qu’une sélection de pièces liées à l’astronautique.
Hangar 3 — De la Première Guerre mondiale à l’aviation contemporaine





Une sélection d’aéronefs de taille modeste : avions d’école, de liaison, de combat léger, planeurs, complétée par une remarquable collection d’hélices.
Hangar 4 — La voilure tournante
Inauguré en 2003, il regroupe hélicoptères et autogires. La pièce maîtresse en est l’autogire Cierva C.19, conçu par l’ingénieur espagnol Juan de la Cierva (inventeur du principe de l’autogire) et dont le premier vol date de 1932. On y trouve également l’Aerotécnica AC-12, hélicoptère espagnol des années 1950 développé par l’ingénieur français Jean Cantinieau, ainsi qu’une importante collection d’instruments de vol.






Hangar 5 — Voltige, chasse et combat
Pièces liées à la Guerre civile et à l’après-guerre : avions de voltige (notamment ceux pilotés par le capitaine Castaño), chasseurs et avions de combat, avec un coin consacré au parachutisme et des vitrines présentant le matériel de communication de l’époque.










Hangars 6 et 7 — Maquettes et aéromodélisme
Ces deux hangars rassemblent une vaste collection chronologique de maquettes nationales et internationales — certaines représentant des appareils dont le musée ne possède pas l’original — ainsi qu’une section dédiée à l’aéromodélisme et des cabines reconstituées (notamment celles d’un DC-9 et d’un Boeing 727, accessibles via une passerelle). À noter pour les visiteurs : ces deux hangars sont actuellement fermés pour travaux de rénovation, dans le cadre d’un programme de modernisation plus large mené par le SHYCEA, qui a également conduit récemment au déplacement temporaire de certaines pièces majeures (voir plus bas).






Pour finir
J’ai fait ma visite sur un week-end en Septembre, pour avoir des températures plus agréables. Pour ne rien gâcher, l’accès au musée n’est pas compliqué, le métro ne passe pas loin et il y a un arrêt de bus devant l’entrée.
Et si vous en voulez encore, l’aéroport de Madrid vaut le déplacement et il y a de nombreux coins photos :




Informations pratiques pour préparer la visite
• Adresse : Autovía A-5, km 10,700 (sens province), 28024 Madrid, à la limite avec Alcorcón.
• Horaires : du mardi au dimanche, de 10h00 à 14h00. Fermé le lundi, ainsi que les 1er et 6 janvier, le Jeudi et le Vendredi saints, le 12 octobre et les 10 (fête de la patronne de l’aviation), 24, 25 et 31 décembre.
• Tarif : entrée gratuite ; un don volontaire (de l’ordre de 3 €) est suggéré pour l’entretien des collections.
• Accès :
• Métro : ligne 10, station Cuatro Vientos, puis environ 1 à 1,5 km à pied (le long de l’accotement de l’A-5, peu confortable pour les piétons).
• Cercanías (RER madrilène) : ligne C-5, station Cuatro Vientos, distance similaire.
• Bus : lignes interurbaines (groupe Arriva, ex-De Blas) au départ de Príncipe Pío, arrêt « Escuela de Transmisiones ».
• Voiture : sortie directe sur l’A-5 au km 10,700 ; stationnement gratuit devant l’entrée.
• Visites de groupe guidées : réservées aux groupes de plus de 10 personnes, sur demande téléphonique ou par e-mail (museodelaire@ea.mde.es), au moins 15 jours à l’avance, du lundi au vendredi entre 8h15 et 14h15.
• Restrictions de sécurité actuelles : l’entrée des sacs volumineux (40 cm ou plus) et des sacs à dos est interdite jusqu’à nouvel ordre.
• Bonus pour les passionnés : le musée organise des expositions de vol le premier dimanche de chaque mois, en lien avec la Fundación Infante de Orleans, qui fait évoluer des avions historiques en état de vol depuis le terrain de Cuatro Vientos — une occasion unique de voir certaines machines anciennes évoluer réellement dans le ciel plutôt qu’immobiles sous hangar.
Pourquoi ce musée mérite une visite technique approfondie
Pour conclure
Ce qui distingue le Museo del Aire de nombreux musées aéronautiques européens, c’est la part importante qu’y occupent les versions espagnoles produites sous licence d’appareils étrangers emblématiques — Heinkel, Junkers, Messerschmitt — souvent motorisées différemment de l’original pour des raisons d’approvisionnement post-Seconde Guerre mondiale. Pour un passionné technique, c’est un terrain d’étude rare sur l’adaptation industrielle d’une aviation de guerre sous embargo, autant que sur l’histoire aéronautique espagnole proprement dite, des pionniers de l’Aérostation jusqu’aux chasseurs à réaction de la guerre froide.
La collection est cependant un organisme vivant : entre travaux de rénovation des hangars 6 et 7, déplacements temporaires de pièces majeures et restaurations en cours (Dornier Do 24, PBY Catalina), il est recommandé de vérifier l’état des hangars ouverts avant une visite si l’objectif est de voir un appareil précis.










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