L’Ecole de l’Aviation Légère de l’Armée de Terre

Texte et photos Maxime Garcia

Historique de L’EALAT, base école de DAX

Le 1er avril 1957 naissait l’école de spécialisation de l’aviation légère de l’armée de terre (ES.ALAT) de Dax.
A l’origine, elle comprenait un escadron avion et un escadron hélicoptère.
Dès 1963, à l’issue du conflit algérien, l’instruction au sein de l’ALAT s’organisait avec la formation initiale de base à l’ES.ALAT à Dax, la formation au combat à l’EA.ALAT (Ecole d’application de l’aviation légère de l’armée de terre) au Cannet des Maures en Provence.
C’est le 21 juin 1968 que la base école de Dax fut baptisée « base général Navelet », du nom du commandant de l’ALAT mort en service aérien commandé le 27 juin 1967 à Mummelsee, en forêt noire.
En 1995, après une phase d’expérimentation d’un an, les deux écoles (l’ES.ALAT et l’EA.ALAT) fusionnent en une seule école d’Application : l’EA.ALAT. La base école général Navelet de Dax et la base école général Lejay du Cannet des Maures sont alors rassemblées sous un commandement unique.

L’ouverture à l’interarmée

En 2000, sa vocation interarmées s’est vue confirmée par sa reconnaissance comme « l’école interministérielle et interarmées du pilotage de base » , dans le cadre des études sur l’optimisation des composantes hélicoptères de la défense.
Les élèves pilotes des trois armées et de la gendarmerie effectuent leur formation initiale à Dax, avant de terminer leur cursus dans leurs armées respectives, nous souligne le Commandant Pierrion, chef de corps de la base de Dax.
La section marine a été créée en 1964, le détachement de gendarmerie en 1965 et la section armée de l’air en 1995.
Depuis 2005, l’EA.ALAT s’est dotée de quatre simulateurs de vols, utilisés dans le cursus de formation vol (35 heures de simulation sur les 135 heures de vol à effectuer).
En novembre 2006, suite à la fermeture de l’école de pilotes de l’armée belge, l’EA.ALAT Dax a accueilli les premiers élèves pilotes belges, au sein de la nouvelle brigade franco-belge.

La base école 6e régiment d’hélicoptères de combat, (BE-6e RHC)

Le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général d’armée Jean-Pierre BOSSER, a initié un changement d’appellation de l’école d’application de l’aviation légère de l’armée de terre (EAALAT) de Dax et du Luc en Provence.
Ce changement a pour vocation de développer davantage l’esprit guerrier dans ces formations non régimentaires et permet indéniablement de faire revivre un patrimoine historique prestigieux, tient à le rappeler le chef de corps.
Le 1er août 2019, en reprenant les traditions du 6e régiment d’hélicoptères de combat de Compiègne, l’EALAT-Dax prend officiellement l’appellation de base école 6e régiment d’hélicoptères de combat, (BE-6e RHC).

La formation en point de mire

Le commandant Pierron nous rappelle les principales formations :
former des pilotes d’hélicoptères de l’État, ainsi que plusieurs spécialités aéronautiques de l’armée de Terre, des pilotes d’hélicoptère des trois armées, de la Gendarmerie et de la composante aérienne belge, former des moniteurs d’hélicoptère pour l’ensemble de l’ALAT et les instructeurs des autres armées affectés à Dax et des pilotes avion de l’ALAT, des instructeurs sol du personnel navigant (ISPN).

Nous assurons également la formation complémentaire des contrôleurs de circulation aérienne de l’ALAT et des maintenanciers radar, la formation à la réglementation aéronautique des pilotes de drone de l’armée de Terre et les formations complémentaires en vol pour l’ALAT.
Articulée autour d’une division de la formation initiale à l’aérocombat, la BE-6e RHC est dotée de services d’aérodrome (contrôleurs, pompiers, radar…) et des moyens d’assurer son fonctionnement courant. Elle dispose de l’aérodrome de Dax, et aux alentours, de sept terrains satellites et hélistations. Un centre spécialisé, sur l’aérodrome de Sainte-Léocadie (CVM Saillagouse), permet de travailler le vol en montagne, domaine très exigeant et indispensable pour les équipages d’hélicoptères.

Voir article : https://spotair.fr/a-la-decouverte-du-centre-de-vol-en-montagne-cvm/

Le colibri au service de la formation

Engagé depuis 2008 dans un processus d’externalisation des appareils et de la maintenance ALAT, la base école est un des acteurs majeurs du premier contrat de grande ampleur signé par la Défense. Depuis 2011, la totalité de la formation s’effectue sur CALLIOPE, se réjouit le CDt Pierron.
Nous utilisons un parc d’hélicoptères de 36 x H120 externalisé auprès de la société HÉLIDAX. nous souligne le Cdt SCAPPATICCI, Officier de sécurité des vols adjoint et responsable de l’équipe de démonstration « Calliopé ».
Moderne et d’entretien facile, cet appareil est adapté à tous les types de vols enseignés aux stagiaires (montagne, nuit…). Enfin, il est peu bruyant et moins polluant que les « Gazelle » auparavant utilisées, caractéristiques qui revêtent une grande importance pour les Dacquois.
Lors de la présentation des activités aériennes de la base école de Dax, le Cdt Scappaticci nous surprend en annonçant qu’un tiers des heures de vol de l’ALAT sont réalisées à Dax représentant 29 000 mouvements annuels, en faisant le quatrième aéroport de la défense française.
Enfin, la base abrite un musée unique. Ses collections d’aéronefs à voilure tournante et fixe n’ont pas d’équivalent en Europe par le nombre et la variété des appareils exposés

Promotion 1PH25

Cette promotion comportait 9 stagiaires ALAT, 5 de la Marine nationale, 4 de l’armée de l’Air et de l’Espace et 3 de la Gendarmerie nationale.

Les officiers pilotes de la 2eme brigade de la direction de la formation initiale à l’aéro combat ont franchis en ce 12 décembre 2025, une étape décisive dans leur vie de militaires en se voyant délivré le brevet de pilote militaire et les ailes associées fièrement porté sur leur tenues de vol, le tout sous le regard fier et attendri de leurs familles et invités.

Fierté partagé avec les familles par la présence d’un ancien élève du lycée Airbus qui a choisi une orientation militaire et opérationnelle après un magnifique parcours en étant le major de sa promotion en bac pro avionique au sein du lycée Airbus.

Les élèves brevetés vont poursuivre vers les centres de formation tactique de leurs armes qui en feront des pilotes opérationnels et de combats pour certains suivant leur affectation en unités opérationnelles, nous précise le Cdt Pierron.

Attachés à la région et à la ville de garnison aux valeurs fortes, les élèves de la promotion ont décidé de rendre hommage à la culture landaise et aux traditions dacquoises à travers un patch.

L’histoire d’un patch

Le disque de couleur vert foncé sur lequel apparaissent les logos des quatre armées composant la promotion, ainsi que deux drapeaux français, symbolise l’attachement au monde militaire des élèves.
En fond, sous un magnifique coucher de soleil orangé, très présent dans le Sud-Ouest, se trouvent les arènes de Dax.
Au premier plan, dans l’espace gauche, un homme de dos en combinaison de pilote tient une muleta faisant référence aux corridas nombreuses dans la ville de Dax.
Face à lui un EC120, aéronef école utilisé à Dax. L’ombre de ce dernier est représentée sous le visuel d’un taureau chargeant son adversaire.

La promotion est baptisée « NOVILLADAX » en référence aux « Novilladas » qui sont, dans la culture landaise, des corridas de jeunes toreros face à de jeunes taureaux.

La symbolique recherchée est celle d’un jeune pilote, ici prenant la place du jeune torrero, tentant de maîtriser l’EC120, symbolisant le jeune taureau, avant que les pilotes de la promotion ne domptent leurs hélicoptères de combat en unités opérationnelles.

Maxime GARCIA

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