Texte et photos Claris M. et Yoann Barbier
Du 28 septembre au 2 octobre 2026, la base aérienne 115 d’Orange-Caritat a accueilli l’exercice ORYX 26, un entraînement aérien bilatéral réunissant l’Armée de l’Air et de l’Espace française et les Forces Royales Air marocaines.


Dans la continuité de l’exercice MARATHON 2025, organisé au Maroc, ORYX 26 vise à renforcer la coopération entre les deux forces aériennes et leur interopérabilité. Il réunit notamment des Rafales français de la 5e Escadre de chasse et quatre F-16 marocains autour de différents scénarios d’entraînement tactique. L’exercice marque également le premier déploiement de moyens marocains sur le sol français. Cet exercice s’inscrit dans un contexte de densification de la relation bilatérale de la défense marocaine suite au partenariat exceptionnel en 2024.

Le jeudi 1er octobre, Spot’Air a été invité sur la base aérienne 115 d’Orange-Caritat à l’occasion du Media Day organisé pour présenter l’exercice. Durant cette matinée, nous avons assisté à un briefing des missions du jour en présence du Lieutenant-Colonel Jérémy, directeur de l’exercice, et de pilotes marocains. Nous avons ensuite suivi les préparatifs des Forces Royales Air avant leur vol d’entraînement, puis échangé avec le Général de brigade aérienne Alexis Rougier, Chef d’état-major du Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA).



Une coopération fondée sur une confiance mutuelle
Pour le Lieutenant-Colonel Jérémy, ORYX 26 doit avant tout permettre aux deux forces aériennes de renforcer leur capacité à travailler ensemble : “Le Maroc pour nous est un partenaire stratégique très important puisque mutuellement nous contribuons et nous avons un intérêt commun à contribuer à l’accès, la sécurité de la bande sahélo-saharienne et à la Méditerranée”.
Le but de cet exercice est d’approfondir une culture commune, d’apprendre à travailler ensemble les tactiques, les techniques et les procédures, les partager et les débriefer pour mieux se connaître in fine. Cela permettra à terme une meilleure interopérabilité avec le Maroc qui est une nation non-OTAN.
L’objectif se décline autour de trois dimensions : technique, tactique et humaine. Sur le plan technique, les appareils doivent être capables de communiquer et d’évoluer ensemble. Concernant la partie tactique, les équipages doivent pouvoir planifier et conduire des missions complexes. Enfin, l’aspect humain reste essentiel pour permettre aux pilotes et aux mécaniciens des deux forces de mieux se connaître et de développer leur confiance mutuelle.
“Le but, c’est in fine d’avoir des chasseurs qui se connaissent, qui se font confiance.” – Lieutenant-Colonel Jérémy
Cette dimension humaine constitue ainsi l’un des éléments centraux de l’exercice. Au-delà des performances des aéronefs, ORYX 26 permet aux aviateurs français et marocains de travailler ensemble, de confronter leurs pratiques et d’en tirer un retour d’expérience commun.

Une montée en puissance progressive des missions
Pour les équipages marocains, le déploiement à Orange implique également une phase de familiarisation avec l’environnement français. Les premières missions permettent notamment de découvrir les spécificités de la navigation en France et les procédures locales.
Cette étape est importante avant d’augmenter progressivement la complexité des scénarios. Les missions peuvent ainsi évoluer en fonction du niveau de qualification des équipages et des objectifs recherchés.
Au programme : des missions de patrouilles mixtes, d’interception ou encore la prise en compte de menaces sol-air simulées. Des moyens déployés au sol permettent de rendre l’environnement tactique encore plus réaliste et de mettre les équipages face à des situations proches de celles qu’ils peuvent rencontrer dans un contexte opérationnel.
La progression est graduelle. Les équipages commencent par se familiariser avec leur environnement avant de se concentrer davantage sur la dimension tactique. Pour autant, ORYX 26 n’est pas conçu comme une formation dispensée par les français aux marocains. Les deux forces arrivent avec leur propre expérience et leurs propres compétences.
Il s’agit plutôt d’affiner ensemble les tactiques, techniques et procédures afin de faciliter leur emploi commun.
Au plus près des équipages et des appareils
Après la présentation du directeur de l’exercice, nous nous rapprochons des appareils engagés dans le premier vol d’entraînement de la journée. Cela permet d’observer les équipages vérifier leurs machines après le briefing avant de prendre place dans leur cockpit.



Nous prenons ensuite la direction du taxiway pour découvrir les appareils qui participent à la première vague de décollages de la matinée – à savoir deux Rafale et deux F16.









Les décollages au coeur du Media Day
Avant-dernière étape de la matinée – la phase des décollages. Nous observons depuis le taxiway les deux Rafale décoller

Nous avons ensuite été transférés au pied de la tour de contrôle pour observer le décollage des deux F16



Le Media Day se termine avec un échange avec le Général de brigade aérienne Alexis Rougier, Chef d’état-major du Commandement de la Défense Aérienne et des Opérations Aériennes (CDAOA) et le Lieutenant-Colonel Kevin, Commandant en second de l’Escadron de chasse 1/5 Vendée.
L’interopérabilité, objectif central de l’exercice
Pour l’Armée de l’Air et de l’Espace, ORYX 26 s’inscrit dans un partenariat franco-marocain de longue date, renforcé depuis 2024. L’objectif est de poursuivre le développement de l’interopérabilité entre les deux forces aériennes, aussi bien entre les pilotes qu’entre les mécaniciens, en rapprochant leurs techniques et leurs procédures.

“L’objectif, c’est […] faire en sorte que nous soyons parfaitement interopérables, que nos techniques, que nos procédures soient similaires.” – Général Rougier, Chef d’état-major du CDAOA
Le Général Rougier souligne également le bilan très positif de l’exercice. Après MARATHON 2025, cette coopération devrait se poursuivre en 2027 avec de nouveaux déploiements de personnels français au Maroc.
L’interopérabilité est le maître-mot de cet exercice. Le Général mentionne par exemple les opérations de ravitaillement en vol. Au cours de la mission ORYX 2026, ce sont une quarantaine de sorties pour 80 heures de vol. L’intégralité des vols ont été réalisés avec du ravitaillement en vol sur les MRTT français, sans que cela ne présente une difficulté quelconque.
ORYX 26 intégré à un dispositif aérien de grande ampleur
ORYX 26 s’est réalisé en parallèle de BLACK CROW, un exercice de grande ampleur. Ce dernier a mis en oeuvre pour les missions les plus importantes de l’exercice ORYX, plusieurs types d’aéronefs – d’autres types d’avions de chasse comme des Mirage 2000, des ravitailleurs, des systèmes sol-air, des hélicoptères ainsi qu’un avion de patrouille maritime de la Marine nationale.
Ce sont une cinquantaine de personnes des Forces Royales Air qui ont été détachées en France, et environ une centaine du côté de l’Armée de l’Air et de l’Espace.
ORYX 26 aura finalement permis de mettre en évidence une réalité simple : la coopération aérienne ne repose pas uniquement sur la capacité de deux avions à voler ensemble.
Avec le déploiement inédit de quatre F-16 marocains en France, l’exercice franchit une nouvelle étape dans la coopération entre les Forces Royales Air et l’Armée de l’Air et de l’Espace. Une coopération qui, après MARATHON 2025, se poursuit désormais à Orange.
Des scénarios tactiques aux missions de combat
Le Lieutenant-Colonel Kevin détaille sa participation à certaines parties de l’exercice, comme par exemple des scénarios tactiques, des objectifs au sol à détruire, ou encore du combat air-air. Dans certains cas, ce sont les F16 des Forces Royales Air qui escortaient des Rafale, ou réalisaient des missions de CAS – Close Air Support.
Fin du Media Day
À midi, le Media Day touche à sa fin. Il est alors temps pour nous de quitter la base aérienne 115, après une matinée passée au plus près des équipages et des appareils engagés dans ORYX 2026.
Spot’Air remercie la base aérienne 115 d’Orange-Caritat, leur cellule communication, le SIRPAAE ainsi que l’ensemble des personnels rencontrés pour leur accueil et leur disponibilité.
A noter, ce sont les Rafale de la 5e Escadre et son escadron de chasse 1/5 Vendée qui ont escorté l’Airbus A321 d’Air France qui transportait le Pape Léon XIV le lundi 28 Septembre entre Lourdes et Metz dans le cadre de la permanence opérationnelle.




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